En harmonie avec son métier de marchande d’art, Lorella Santiago a créé une galerie à son image, où se mèlent artistes modernes et contemporains. L’effet est saisissant, l’endroit définitivement inspirant.

En harmonie avec son métier de marchande d’art, Lorella Santiago a créé une galerie à son image, où se mèlent artistes modernes et contemporains. L’effet est saisissant, l’endroit définitivement inspirant.

Lorella Santiago s’épanouit en tant que marchande d’art depuis plus de vingt ans. Experte reconnue, c’est depuis sa nouvelle galerie dijonnaise, rue Montmartre (ça ne s’invente pas), qu’elle parle de sa vocation et de ses projets. Avec l’art et la manière, cela va de soi.

Par Alexis Cappellaro – Photo : Jonas Jacquel

Dijon, à l’angle des rues Montmartre et Eugène Guillaume, au rez-de-chaussée d’un immeuble Art déco des années 30. C’est ici que Lorella Santiago a pris ses quartiers, dans une galerie très élégante, immaculée. Pour saisir la force du lieu, il faut connaître le début de l’histoire. Amoureuse d’art, Lorella rencontre Christian Dazy en 1991, en tant que cliente, dans sa galerie qu’il vient de fonder au 16 place des Ducs de Bourgogne. Ce Franc-Comtois expert en la matière déclenche quelque chose. « J’ai découvert un vrai professionnel passionné, doté d’une grande expérience, dans un lieu complètement novateur et audacieux pour l’époque. »

Au culot, alors qu’elle veut laisser derrière elle son poste à EDF, la Chalonnaise lui propose ses services en freelance, en 1994. Ce qu’il accepte. « Je me suis très vite rendue compte que j’étais faite pour ça et que nous étions très complémentaires », sourit celle qui, quatre ans plus tard, se retrouvera à la croisée des chemins : retourner à la case départ ou ouvrir sa galerie. Pas fou, Christian Dazy lui proposera alors de s’associer.

Heureux coup du destin

C’est le début des choses sérieuses. Lorella dirige avec succès des expos et se plait à faire le lien entre artistes et acheteurs en mobilisant ses fines connaissances ainsi que son capital sympathie. Quelques années après, son associé, installé dans une succursale de Megève, lui délègue les affaires quotidiennes de la galerie place des Ducs. Mais cette dernière devient un peu étroite.

Commence la recherche difficile d’un nouveau lieu. Tellement difficile que Lorella envisage à regret de s’éloigner « d’une ville que j’aime, dans laquelle j’ai effectué une partie de mes études ». Arrive ce matin du mois de mai 2014. « En allant travailler, je descends l’avenue Victor Hugo et je tourne trop tôt, rue Eugène Guillaume. Je tombe sur cet immeuble placardé d’annonces de vente. J’arrête ma voiture et j’appelle immédiatement. Dans l’après-midi même, je le visitais et c’était le coup de cœur. » Le destin, ni plus ni moins.

Buffet bien garni

Avant de créer l’espace tel qu’elle l’imagine, elle commence par faire des lieux une coquille vide de 170 m2. Il s’en suit une période de travaux colossaux pour garder un « niveau d’excellence » à la hauteur de son travail. Christian Dazy et Lorella Santiago ont en effet un joli tableau d’honneur : ils sont des spécialistes de Bernard Buffet, l’un des peintres figuratifs les plus célèbres du XXe siècle. Il faut la voir, en parler avec respect et sensibilité, le brillant dans les yeux. « Christian a d’ailleurs réveillé l’intérêt pour ce peintre en s’y intéressant dès les années 1960. » Précurseur, le duo s’est aussi lié avec des artistes vivants de grand talent comme Lionel Verrier, Pascal Garner, le paysagiste Edmond Guillain ou encore François Orlandini, grand prix de Rome 194 8.

L’art échappe bien souvent aux règles de marché. « Nous fuyons la spéculation, affirme Lorella. Transmettre à nos clients une oeuvre d’art digne de ce nom est notre priorité afin que sa valeur s’installe dans le temps. En tant que professionnels, nous devons conseiller nos clients dans une recherche d’excellence en apportant sécurité et traçabilité des oeuvres. » Autre point fort, les galeristes ont toujours « acheté en collections privées, jamais dans des salles de ventes. Nous voulons proposer à nos clients français et internationaux des œuvres qui ont conservé ce côté précieux et unique. »

Dijon sur la mappemonde

Dans son nouvel espace rénové avec goût (« je suis une fan d’architecture »), l’experte voit grand. Elle veut en faire un lieu de vie où se mèlent expositions, conférences, concerts, rencontres avec des artistes, privatisations en tout genre…

Dijon, elle y croit, est le bon endroit. « Avec tout ce qu’il se passe au niveau de la restauration, de l’hôtellerie, du commerce, et de la culture, avec la rénovation de notre Musée des Beaux Arts, l’ un des plus importants de France… Il y a un énorme regain d’intérêt pour Dijon, je le constate. On est dans la bonne direction. Je suis d’ailleurs fière que nos clients sachent placer notre ville sur une mappemonde. » Fière, aussi, de voir le chemin parcouru. Surtout en tant que femme, car « beaucoup, encore aujourd’hui, n’osent pas se lancer dans l’aventure entrepreneuriale ». Épanouie, Lorella Santiago a une recette : « Dans chaque métier, et en particulier à ce qui a trait à l’émotionnel, à ce qui touche l’être humain au plus profond de lui, si vous n’êtes pas animé par une véritable foi, cela ne pourra jamais durer. » Un supplément d’âme, une âme d’artiste.

Galerie Lorella Santiago, 4 rue Montmartre – 3 rue Eugène Guillaume

03.80.79.13.33 ou 06.62.68.71.78 – gdazy@clubinternet.fr –
www.galeriedazy.fr (nouveau site en cours de création).