Chef de service à la DISI, Patrick Bézuel est l’un des développeurs des nombreuses machines d’APRR. Ce département informatique et technique est le garant d’un besoin d’innovation constant.

Chef de service à la DISI, Patrick Bézuel est l’un des développeurs des nombreuses machines d’APRR. Ce département informatique et technique est le garant d’un besoin d’innovation constant.

Textes : Michel Giraud – Photos : Jonas Jacquel

Dans son laboratoire de Saint-Apollinaire, elle est l’emblème des nouvelles technologies développées par APRR en personne. Bienvenue à la Direction de l’Ingénierie et des Systèmes d’Informations. Name code : DISI !

Le laboratoire de la DISI, sorte de poste de recherche avancé au service exclusif des autoroutes APRR, est né d’une politique ambitieuse. Depuis 1998, l’entreprise a fait le choix de maîtriser intégralement son outil informatique et technique, de la conception logicielle à la maintenance. À Saint-Apollinaire, elle représente une fourmilière de 200 personnes, réparties dans des unités spécifiques.

Le seul en France

Patrick Bézuel dirige l’une d’elles, le service des études logicielles des péages. Il n’est pas peu fier d’assumer la particularité de son employeur : « Nous sommes le seul autoroutier français à fonctionner de la sorte, tous nos concurrents ont recours à des prestataires extérieurs. » Et de se satisfaire d’un fonctionnement qui a fait ses preuves, « apportant une réactivité sans égal » Ici, il est en effet possible de « faire évoluer notre outil à tout moment, de livrer si nécessaire des corrections immédiates pour des bugs qui altèreraient le fonctionnement de nos péages. Nous sommes aussi en mesure de créer des fonctions à nos outils, au plus près de nos besoins ».

Quinze développeurs travaillent d’arrache-pied sur le système de logiciels. Spécialisés en informatique industrielle ou de gestion, ce personnel hautement qualifié a en moyenne une dizaine d’années d’expérience au sein du groupe APRR. « Le temps qu’il faut pour devenir un expert péage », sourit Patrick Bézuel.

Jeu de cartes

Leur terrain de jeu quotidien s’apparente à un impressionnant laboratoire par lequel transite impérativement chaque matériel avant d’être déployé. « Nous testons en grandeur nature chaque matériel, en le confrontant à tous les cas de figures. » Et le processus va très loin, comme cet inattendu jeu de cartes magnétiques : « Il reproduit des cartes de paiement ou des cartes de fidélité. Nous devons nous assurer que les machines ne sont pas déclenchées par une simple carte de fidélité de grande surface pour nous prémunir face à d’éventuels plaisantins. Nous travaillons aussi beaucoup sur les caméras de reconnaissance des plaques d’immatriculation pour lutter contre les fraudes. Une fois testé, chaque matériel prendra la direction du péage de Crimolois. On peut mener tous les tests que l’on veut en laboratoire, à un moment donné il faudra que notre matériel aille se confronter au bitume, au vent, à la pluie. Crimolois nous sert à cela ! » C’est toute cette expertise qui a séduit ATMB, les Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc, qui possèdent désormais le système mis au point dans locaux de Saint-Apollinaire, au même bien sûr qu’AREA, filiale du groupe APRR. Bref, sur ces grandes portions françaises, on a du pétrole et des idées !