Nouveaux espaces receptifs, nouveaux stands... Dijon-Prenois s’ouvre à un nouveau destin : être un lieu de vie, dans lequel la passion automobile et le partage cohabitent. Son président Yannick Morizot ne peut que s’en réjouire.

Nouveaux espaces receptifs, nouveaux stands… Dijon-Prenois s’ouvre à un nouveau destin : être un lieu de vie, dans lequel la passion automobile et le partage cohabitent. Son président Yannick Morizot ne peut que s’en réjouire.

Yannick Morizot, le dirigeant du circuit Dijon-Prenois, pratique ce qu’il est convenu d’appeler « l’ouverture centralisée » : fédérer à l’international et, grâce à une ambitieuse politique événementielle, se tourner vers le local. Le fonctionnement à deux vitesses marche déjà à plein régime.

Par Thomas Barbier – Photos : Christophe Remondière

aDSC00805Ils sont professionnels ou amateurs avertis et viennent du monde entier pour fouler le circuit de Dijon-Prenois. Question de réputation. Le tracé est tout bonnement un morceau d’histoire des sports mécaniques. Avec le temps, il s’est glissé parmi les tracés de référence comme le Nürburgring (Allemagne), Spa-Francorchamps (Belgique), Suzuka (Japon) ou São Paulo (Brésil). Rien que ça. On lui prête volontiers des qualités de rapidité et de technicité, loin des tracés aseptisés qui ont fleuri ces vingt dernières années au quatre coins de la planète. Son fonctionnement est aussi un tour de force. Il est toujours bon de le rappeler, le circuit est 100% privé, ce qui en fait presque une curiosité en France où les stades automobiles sont souvent des sociétés d’économie mixte (SEM). Et donc tributaires du bon vouloir des fonds publics.

Chouchou des voisins

aDSC05378_ppYannick Morizot tient à cette liberté. « Si les rapports sont très bons avec les instances de notre territoire, nous ne leur courons pas après, détaille le président. Nous devions être autonomes et rentables ». Quinze ans plus tard, ces attentes ont été dépassées dans des proportions inimaginables : la piste est louée plus de 245 jours par an ! Les locataires viennent souvent d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne, du Bénélux, d’Angleterre, et aussi de Suisse. Privés de circuit au pays, nos voisins helvètes ont fait de Prenois leur petit chouchou. Rien d’étonnant, ces drivers emmènent avec eux un pouvoir d’achat considérable qui représente chaque année 70 000 nuitées et plus de 200 000 repas en Côte-d’Or. Pas négligeable.

Dans le PC complètement mis à neuf lors de la dernière tranche de travaux, le circuit Dijon-Prenois affiche son ADN, celui de la course automobile.

Dans le PC complètement mis à neuf lors de la dernière tranche de travaux, le circuit Dijon-Prenois affiche son ADN, celui de la course automobile.

The place to be

Cette relative indépendance vis-à-vis du marché local aurait pu amener mécaniquement un repli sur soi. Au contraire, après avoir consenti à de gros investissements cette décennie pour remettre la piste aux plus hautes normes de sécurité de la FIA (Fédération internationale de l’automobile), « décision fut prise de s’attaquer à nos structures d’accueil, et notamment les installations des stands. C’était une des demandes d’organisateurs majeurs, tous sensibles à l’histoire et la qualité de notre tracé mais qui jugeaient la sécurité de la piste et les espaces d’accueil trop vieillissants ».  Qu’à cela ne tienne. Yannick Morizot et les actionnaires se sont engagés dans une mission de réfection et n’ont pas fait les choses à moitié. En trois intersaisons hivernales et autant de tanches de travaux, des installations de grande qualité ont vu le jour. De quoi convaincre les organisateurs que Prenois est « the place to be » et se positionner sur un nouveau marché : l’événementiel.

À seulement 10 minutes de Dijon, un lieu original et des salles entièrement modulables pouvant accueillir jusqu’à 400 personnes, cela donne des idées. « Nous sommes très bien pourvus en termes de sonorisation et d’équipement vidéo », insiste le dirigeant avant de mentionner les cuisines « dignes d’un restaurant étoilé, qui font le régal des différents chefs et traiteurs partenaires des premiers événements au printemps 2017 ».

En mode rooftop

Réception privée, colloque, salon, séminaire, voire même mariage… Dijon-Prenois ne s’interdit rien. Bourgogne Magazine a choisi d’y fêter sa nouvelle formule, quand le Réseau Entreprendre, Le Petit Futé ou encore le Medef local y ont organisé leur grand-messe. Des opérations assez loin de ce qu’on peut imaginer trouver sur un stade automobile. Que les amoureux des belles mécaniques se rassurent, ils n’ont pas été oubliés. La dernière tranche des travaux, réalisée en hiver 2017-2018, fera naître une terrasse sur les toits, façon « rooftop », accessible grâce à un immense ascenseur. Survitaminé par ce projet, le site côte-d’orien vient de fêter ses quarante-cinq ans et peut filer à toute allure sur sa prometteuse ligne de conduite.